Nous faisons tous le même sombre constat : l'écart social, éducatif et culturel se creuse chaque jour un peu plus.
Pour refaire de l’école un instrument de réduction des inégalités, il faut passer de l’égalité formelle à l’égalité réelle en concentrant les moyens publics pour donner plus à ceux qui ont moins. La formule est simple : plus de capital public à ceux qui ont moins de capital social.
L'éducation, plus qu'une question de priorité, est avant tout une question de choix et de volonté politique. La politique que j'ai tenté d'impulser à Sarcelles en est l'exemple. Et en plus, c'est un exemple qui continue de fonctionner aujourd'hui.
Ainsi, en 1995, lorsque nous sommes arrivés à la tête de la municipalié avec Dominique Strauss-Kahn, nous avons décidé de baisser les tarifs de la cantine pour les parents ne pouvant pas prendre en charge les coûts inhérents à la scolarité. Immédiatement nous avons eu 2 000 inscriptions par jour. Le prix du repas a été intégralement compensé par la municipalité. C'est un choix, celui de ne pas laisser des jeunes élèves suivre le ventre vide les cours de l'après-midi.
Mais parce que la motivation et l'implication d'un élu municipal ne suffit pas, il appartient au député de défendre cette conception de l'égalité réelle et de la relayer auprès du gouvernement. Pour revoir la loi et imposer à toutes les villes de prendre en compte la réalité de l'école, trois grands axes :
- une politique nationale de la petite enfance
Il faut généraliser un système de crèche ou de garde d’enfants sur l’ensemble du territoire, permettant à tous les parents d’offrir un cadre sécurisant et socialisant à leurs enfants.
- une politique renforcée de l’encadrement individuel
Il faut créer un statut d’élève à « besoin éducatif prioritaire » permettant d’affecter des moyens plus importants dans les écoles en fonction du nombre de ces élèves.
- une politique généralisée du suivi médicosocial et extra-scolaire
Il faut assurer un suivi médicosocial pédiatrique personnalisé permettant de repérer en temps réel les maladies et troubles de développement susceptibles de freiner son apprentissage (problèmes de vision, malnutrition, dyslexie…).
Lutter pour l’ascension sociale par l’éducation, c’est montrer à ceux qui ne l’imaginent pas qu’ils peuvent eux aussi accéder à une formation de qualité. C’est un enjeu fondamental, si l’on veut que la Francesoit en mesure de former l’ensemble d’une génération à la hauteur de ses aptitudes.
Parce que les enfants d’aujourd’hui seront les citoyens de demain.
